SEPT PISTOLEROS

Au Texas, une prime d’un million de dollars est offerte à qui tuera un groupe de sept tireurs d’élite. Un très bon western.

1899, New York. Cherchant à nettoyer le Texas des nombreux hors-la-loi qui les empêchent développer leurs affaires, trois des entrepreneurs les plus importants des Etats-Unis montent un plan avec l’aide d’un journaliste : offrir une prime d’un million de dollars à qui tuera un groupe de sept pistoleros de légende qui coulent désormais une tranquille retraite dans une hacienda isolée. Objectif, que tous les bandits cupides de la région se ruent sur l’aubaine et s’entretuent. Parce que, comme en affaires, "le meilleur moyen de se débarrasser d’un rival est de laisser un autre rival s’en occuper".
Pour ce septième et dernier album de la seconde saison des "Sept" ("7 récits, 7 missions à haut risque, 7 équipes de 7 hommes décidés à réussir"), c’est un western que Delcourt propose. Et pas n’importe quel western. Du vrai, du western spaghetti, du qui fleure bon la poudre et la poussière, les canyons et les déserts, les règlements de compte et les charges héroïques. En somme, un bon "Sept" pour une série d’un niveau inégal jusqu’ici.
Cette fois d’ailleurs ce n’est pas une mission qui est confiée à sept personnages mais l’inverse. Une manière habile et réussie de renouveler le concept lancé en 2007 par Chauvel. Tout aussi habile est - on le découvre à la lecture - le choix de situer l’intrigue au crépuscule du "vieil Ouest sauvage" et de ses traditions. C’est la fin d’une époque, la fin des as de la gâchette et des bandits brutaux avant l’arrivée du XXe siècle et du progrès.
Enfin, la construction du récit permet d’entrer rapidement dans l’histoire tout en n’éludant pas le logique portrait des sept pistoleros. Répartis tout au long de l’album sous forme de flashbacks sépia, ces portraits montrent des hommes différents par leur psychologie, leur parcours et leur spécialité en matière d’armes. Au passage, les cinéphiles spécialistes des westerns reconnaîtront au fil des planches réalistes de Sarchione quelques grands acteurs du genre comme Clint Eastwood ou Lee van Cleef. "Sept pistoleros" aurait justement pu faire un très bon film.

- Delcourt