MIA

Une jeune anorexique qu’un kidnapping force à affronter ses démons. Du rythme et un sujet intéressant malheureusement pas assez exploité.

Mia, une adolescente anorexique assiste à l’enlèvement d’un camarade pour lequel elle a le béguin. N’écoutant que son courage, elle se précipite, se faisant elle aussi embarquer dans la camionnette des kidnappeurs.
En mélangeant dans un seul one-shot un thriller, une histoire d’amour et le problème de l’anorexie, Man a fait un pari ambitieux. Malheureusement à vouloir créer autant d’entrées dans cette BD de 80 pages au format plus petit qu’un album classique revient à survoler les différents thèmes abordés sans les développer.
Le sujet de l’anorexie que le dessinateur espagnol connaît pour avoir eu une petite-amie dans ce cas est pourtant intéressant et la longue lettre en forme d’appel au secours écrite par Mia en fin d’album explique bien les raisons de la maladie, la détresse de la jeune fille et l’incompréhension des autres. Mais dans le récit lui-même, on a le sentiment que Man reste trop à la surface des choses, entravé par une partie polar qui tombe à plat vu le manque de suspense, la résolution éclair de l’enquête et quelques raccourcis peu compréhensibles (par exemple : comment Dany, les poignets liés à l’arrière d’une voiture qui coule, peut-il se retrouver sur la berge, libre de ses mouvements ?...). Comme si cela ne suffisait pas, le début de l’album nous fait entrevoir un autre sujet dont on ne parlera plus ensuite, celui du jeune Dany comblé financièrement mais délaissé par son père trop occupé par ses obligations professionnelles.

Le point fort de l’album reste son découpage dynamique qui insuffle pas mal de rythme à l’histoire. Graphiquement, le trait est moderne très inspiré du manga, auquel on peut reprocher un manque de régularité dans les personnages.
Du même auteur, Dargaud publiera en mars prochain "En sautant dans le vide", une autre histoire d’ados à la rage de vaincre avec les "Parkoureurs" qui rebondissent sur les murs de la ville comme s’ils en étaient les maîtres.

- Dargaud