MAFIAS & CO, Ils se sont évadés

Album collectif autour des dix plus belles évasions de détenus des prisons françaises. Original.

A l’heure où s’est ouvert aux assises de Paris le procès d’Antonio Ferrara pour son évasion de la prison de Fresnes en 2003, les éditions 12 Bis s’offrent les "rois de la belle". En effet "Mafias & Co, ils se sont évadés" a voulu mettre en images les dix évasions françaises les plus folles, les plus cocasses ou les plus kamikazes de ces trente dernières années.
Grand reporter à Marianne et auteur de "Parrains et Caïds", Fréderic Ploquin est le co-scénariste de cet album avec Jean-Claude Bartoll (scénariste sur "Insiders") et Pierre Boisserie ("Dantès") et confié aux dessinateurs, Sylvain Vallée ("Gil Saint-André"), Jean-Yves Delitte ("Les coulisses du pouvoir"), Luc Brahy, Alfio Buscaglia, Éric Lambert, Espe et Cesaar van Enpieet. Les auteurs ont reçu les faits bruts des différentes évasions, tels qu’ils étaient consignés dans les rapports de police, à charge pour eux de le raconter en prenant éventuellement quelques libertés avec la réalité.
Comme souvent dans ce genre d’album collectif, les récits ne sont pas de même qualité mais globalement, le pari est réussi. Avant chaque histoire, une page présente les faits reprochés à ces grands malfrats et les conditions de leur évasion. En fait, ce petit topo est tellement intéressant et détaillé sur la personnalité du détenu que l’on trouve que chaque nouvelle est trop vite expédiée. C’est d’autant plus vrai pour les évasions dessinées par Vallée qui se contente d’une unique planche, contrairement aux autres qui en compte sept en général. Alors tant pis par exemple pour Bruno Sulak, présenté comme un tel séducteur et manipulateur qu’il a pu réussi à embobiner un sous-directeur et un gardien stagiaire... on reste un peu sur notre faim.
En tout cas, que ce soit par hélicoptère, par ruse ou grâce à un commando armé jusqu’aux dents (en gros la technique de "l’attaque du fort par les Apaches" version contemporaine), chacune de ses cavales est différente. N’empêche, le dénouement est toujours le même : à court ou moyen terme, le fuyard finit toujours par être repris. Ouf, la morale est sauve !