LES INNOMMABLES - Tome 11. Au nord de White Sands

Un 11e tome toujours plein d’humour et bourré de clins d’œil mais moins violent.

Les aventures du gros Mac, du petit Tim, du grand maigre homosexuel Tony et du cochon Raoul continuent. C’est au Nouveau-Mexique qu’ils se rendent cette fois afin de retrouver Alix, le grand amour de Mac et la mère de la petite Jade. Mais les pistes désertiques réservent parfois des surprises : tous les habitants de la région auraient été enlevés par des Martiens tandis que de cruels nazis errent dans le coin après s’être évadés d’un camp de prisonniers de la Seconde guerre mondiale.
Comme d’habitude, le scénario de Yann est complètement fou à l’image des nombreux personnages, tous plus dingues les uns que les autres, gravitant autour des héros : un transexuel à gros seins, une nymphomane qui se prend pour Cléôpatre et une espèce de cow-boy qui cherche une princesse Théthane à féconder… pour ne citer qu’eux. Le tout sur fond de guerre froide et d’espionnage américain, russe et chinois.
Sans aucun doute, Yann et Conrad se font plaisir avec cette série décapante. Comme dans les albums précédents, les dialogues de ce 11e tome sont plein d’humour et bourrés de clins d’œil. On notera toute de même que les scènes violentes, écoeurantes ou un peu gore ont quasiment disparu ici, de même que les gags en dessous de la ceinture. Comme d’habitude aussi, ce 11e tome s’appuie sur des faits réels comme les essais militaires à White Sands ou les camps de prisonniers nazis oubliés. Mais l’accumulation de références nuit finalement au scénario : un peu comme si les auteurs avaient mélangé une série d’évènements de l’Amérique d’après-guerre, ne les reliant entre eux que par un maigre scénario. Résultat, on a l’impression d’un récit certes rythmé mais sans queue ni tête avec une fin trop rapidement expédiée.
Reste que les héros sont très attachants et Yann et Conrad parviennent à nous donner envie de toujours connaître la suite de leurs aventures. Tout en désinvolture et en candeur, Mac, Tim - et dans une moindre mesure Tony - ont leur instinct comme seule ligne de conduite. Rien ne semble avoir de prise sur eux contrairement aux personnages secondaires qui apparaissent surtout comme des marionnettes dirigées qui par l’armée, qui par les idéologies, qui par la religion.
La fin de l’album nous laisse supposer que ce 11e tome clot le cycle américain de la série. Cette dernière pourrait d’ailleurs très bien se terminer sur ce tome en forme de happy end. Mais connaissant l’imagination fertile des auteurs, rien n’est moins sûr.

- Dargaud