LE SORTILEGE DES RHUNES - Tome 2. Etus

Magie et surnaturel sont au coeur d’un scénario complexe qui fait la part belle aux monstres hideux.

lelk’h, le nécromant, et Feyja, la future régnante de l’empire, s’aiment et concoivent un enfant : Phoé. Mais Horshâa, la sœur de lelk’h, ne supporte pas cette union et rêve du retour des nécromants au pouvoir. Elle invoque donc le tout-puissant Sortilège des Rhûnes. Un jeu dangereux qui risque d’ouvrir à jamais les portes de l’Empire aux forces maléfiques, personnifiées par Namtar. Phoé semble être le seul à pouvoir sauver la paix.
Soif de pouvoir, magie, créatures monstrueuses et amour. Le deuxième tome du "Sortilège des rhûnes" reprend les ingrédients du premier et non plonge dans l’univers fantastique de l’héroïc fantasy. Si le fil conducteur de la série paraît assez simple - empêcher le Mal de s’emparer du pouvoir -, l’intrigue se révèle en fait beaucoup plus compliquée. La magie et le surnaturel font partie intégrante du scénario de Serge Pradier et il est parfois difficile de bien suivre. Les paroles de maître Lûg sont également assez obscures. Si l’on comprend que la survie du monde repose sur les épaules de Phoé, on a du mal à comprendre qui est Etus, le double du jeune garçon, et surtout pourquoi il devra l’affronter.
Au niveau du découpage, certaines scènes de batailles et de poursuites sont également un peu brouillon. En revanche, les cases mettant en scène les monstres sont vraiment impressionnantes, en particulier la brusque arrivée de Namtar au sommet de la tour ou celle de la Silhûr (une espèce de lézard géant peu amical) dans la cité. Et pour donner encore plus de relief à la progression du monstre dans la ville, Claude Plumail (l’auteur du "Cybertueur " avec Godard) n’hésite pas à ne dessiner que deux, voire une case unique par planche. De manière générale, le dessinateur excelle d’ailleurs dans la représentation minutieuse des monstres, tous plus laids les uns que les autres. Et ils sont nombreux dans "Le sortilège des rhûnes", des cyclopes aux Porchires fétides… Rien que pour eux, la série mérite le détour.

- Albin Michel