LE ROI DE LA SAVANE

Les débuts d’un lion vedette internationale du cirque, César le roi de la savane. Un album tout public, drôle et magique comme le cirque.

César est mort, vive César ! Le cirque Astropof est en deuil de son légendaire lion clown et, tout en rangeant ses affaires, son patron et son ami l’éléphant reviennent sur l’ascension du "Roi de la savane" dans le monde du cirque.
Avec son gabarit de sauterelle et sa crinière pelée, le sympathique César est bien connu des jeunes lecteurs de Tchô à travers les strips réalisés par Daniel Blancou. Mais avec ce récit complet destiné à un très large public, l’auteur signe une histoire originale tant sur le fond que sur la forme. Car du début à la fin, dans cet album petit format de la collection de Lewis Tronheim, tout est fait pour faire vrai - si l’on oublie les animaux qui parlent et qui vivent en bonne intelligence avec les hommes.
Visuellement d’abord : qu’il s’agisse de la couverture ou des planches intérieures, "Le roi de la savane" nous fait remonter dans le temps avec un dessin et une colorisation semblables aux vieilles affiches de cirque. Le lecteur attentif aura même remarqué le détail qui tue : un brin délavé, la couverture imite une fausse marque de pliure, comme si l’affiche était restée longtemps rangée dans un placard avant que quelqu’un ne décide de raconter la vie de César.
Scénaristiquement aussi, Blancou suit son idée : pour un peu on croirait que César a réellement existé puisque le rabat de couverture nous présente une biographie de l’artiste... Bio somme toute utile puisqu’en réalité l’album racontera justement tout ce qui n’est pas dans ces quelques lignes très officielles : des coulisses comme gardien ou balayeur au centre de la piste sous les projecteurs, les galères d’un lion qui rêvait d’être sur scène et son incroyable persévérance malgré les échecs et les moqueries.
Un peu poltron, très naïf mais gentil, César génère un fort capital sympathie. Ajoutons à cela une bonne dose d’humour et de poésie et on obtient un album des plus divertissements. Comme un bon bon spectacle de cirque.

- Delcourt