L’INSCRIPTION

Caroline ne trouve pas sa place dans la société et pense que s’inscrire au bureau du réel pourra l’aider. Erreur... Un roman graphique audacieux loin de la BD girly.

Il y a quelques mois, Tanxx (auteure de "Rock, Zombie !" notamment) se fendait d’un billet exaspéré sur la BD girly suite à la sortie de "Mimi Stinguette : au naturel" de Myriam Rak. Avec "L’inscription", Chantal Montellier nous rappelle que la BD au féminin n’est pas seulement synonyme de strips sur le quotidien de jeunes filles à la mode, trop excitées par leur nouvelle paire d’escarpins... "L’inscription" raconte le parcours de Caroline Montbrasier, jeune artiste rêveuse et fantasque qui parce qu’elle se trouve vraiment trop décalée décide d’aller s’inscrire au bureau du réel. Histoire de trouver sa place dans la société.
Le réel de Montellier oscille entre notre société d’aujourd’hui - où les portraits d’un certains Sarko nous disent qu’"il faut travailler plus pour gagner plus" -, une plus ancienne pleine de convenances étouffantes et un post-mai 68 encore dans les têtes. Suivre Caroline dans ses pérégrinations du rêve au réel n’est pas toujours évident, on se perd un peu parfois dans la densité des planches chargées et inventives, mais lire un album où l’héroïne se fout comme de l’an 40 de s’être cassé un ongle et affiche des opinions politiques marquées, cela fait beaucoup de bien.