L’AMOUR CASH

Les amours compliquées d’une call-girl et d’un paparazzo. Le portrait tout en finesse de deux êtres un peu à part.

Peut-on s’aimer et avoir une vie de couple comme les "vraies gens" lorsqu’on est call-girl de luxe et paparazzo et que les clients de l’une sont les victimes de l’autre ?
"L’amour cash" démarre sur quelques cases montrant Angela et Marco allongés sur le sable, se dorant au soleil. Le one-shot est ensuite construit comme un long flash back remontant à la rencontre du couple six ou sept ans auparavant. Amour, cynisme et coups bas se mêlent alors dans une fable pathétique adaptée d’une nouvelle de Benacquista ("Si par un jour d’été un sédentaire") parue en 1999. La touche de sexe et d’érotisme est donnée grâce au dessin de Philippe Bertrand, auteur dans les années 80 de la BD érotique et chic "Linda aime l’art" et plus récemment de "Rester normal" (avec Fréderic Beigbeder) qui portait déjà un regard acerbe sur le monde de la jet-set.
Graphiquement les personnages sont peu expressifs mais le soin apporté par le scénariste aux dialogues et aux situations permet de découvrir des héros complexes et remplis de paradoxes, tour à tour sympathiques, lâches et profiteurs. Bien vu.

- Dargaud