CHARLES CHARLES, PROFESSION PRÉSIDENT

Le quotidien d’un président de la République fraîchement élu et... incompétent. Une satire humoristique de la vie politique.

Etre Président des États-Unis de la République, c’est excellent pour l’égo. Mais Charles Charles qui vient d’être élu à cette fonction tant désirée n’avait pas bien réalisé les responsabilités qui en découlent. Aussi incompétent que ses ministres et collaborateurs, Charles Charles va pourtant devoir se mettre au travail...
Ce nouveau président est américain, mais il pourrait être de France ou d’ailleurs, de droite ou de gauche. ... "Charles Charles" ne vise pas un homme politique en particulier contrairement à d’autres BD mais pioche ça et là dans des personnages et situations réels. Qui n’a pas reconnu Bernard Thibault et sa coupe de cheveux derrière le syndicaliste reçu par Charles Charles ? Qui n’a pas imaginé Dominique de Villepin dans le porteur d’une valise emplie de billets venue tout droit d’une ancienne colonie et censée servir à la prochaine campagne du Président ? Un épisode une nouvelle fois d’actualité d’ailleurs à l’heure où Claude Guéant est mis en cause dans un éventuel financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy...
Pour cette satire humoristique, Dubuisson a choisi un rythme particulier : deux planches par épisode, avec sept strips qui se terminent tous par un gag mais qui forment un ensemble cohérent. Des épisodes, il y en a 23, traitant notamment de : l’intronisation, la marée noire, la condition de la femme, le rôle du Premier ministre, la hausse de la TVA, le financement occulte du parti, les amis toxiques, les retraites, les gardes du corps, etc. Au dessin, on retrouve James qui, comme dans son album "Dans mon open space", met en scène des personnages zoomorphiques en costume cravate. Les gags tombent quelques fois à plat mais globalement cela fonctionne. On n’échappe pas à une vision de la pollution un peu démago, avec des hommes politiques forcément incompétents et forcément mus par l’appât du gain et du pouvoir, mais après tout c’est bien le reflet qu’ils nous renvoyent...

- Delcourt

- Marc Dubuisson : "Désacraliser les politiques"