BONNE NUIT LES PETITS

Jeanne, Fabrice, 18 ans et paumés tous les deux. Quand la comédienne en galère croise le gosse de riche imbu de lui même, cela n’a rien d’un conte de fée... Sombre et dérangeant.

Le titre fait penser à une comptine pour enfants mais la couverture sombre fait dire qu’il n’en ait rien. Le texte en voix off des premières planches fait penser à une fable qui démarre tristement mais dont le dénouement promet d’être heureux mais la suite nous force à constater qu’il n’en ait rien non plus. Jeanne a 18 ans, un passé terrible et des petits boulots qu’elle enchaîne entre deux castings plus ou moins minables. Elle ignore tout de Fabrice, 18 ans lui aussi, qui use sa jeunesse de fils de millionnaire arrogant dans des soirées de débauche. Rien ne laissait imaginer que ces deux gens si différents finiraient par se croiser. Et pourtant...
Pas sûre du tout qu’on passe une bonne nuit une fois l’album refermé ! Grâce à un noir et blanc charbonneux en parfaite adéquation avec le récit, les planches nous embarquent dans un univers glauque à souhait, qu’il s’agisse des petits troquets parisiens avec les alcoolos de service ou d’une luxueuse maison qui paradoxalement ne vaut pas mieux. Jusqu’au bout et malgré les détails qui n’augurent rien de bon, on veut croire au petit rayon de soleil qui viendra éclairer la vie de ces deux jeunes adultes qui pourtant n’apparaissent pas spécialement sympathiques... C’était sans compter sur Olivier Mau qui signe un récit puissant en nous livrant une chute terrible... Non décidément, vous n’irez pas vous coucher avec de jolis rêves plein la tête...

- Casterman