BIOTOPE – Tome 1

Trois flics sont envoyés sur une planète étudiée par les scientifiques pour enquêter sur un meurtre. Une enquête policière plein de (bonnes) surprises!

Sur Biotope, une planète écologiquement protégée, les scientifiques vivent en vase clos des mois durant. Mais un meurtre est commis et trois policiers sont envoyés sur place pour faire la lumière sur ses circonstances. Si cela a tout l’air d’un crime passionnel, les enquêteurs sont sceptiques: ils ont l’impression qu’on leur cache quelque chose.

Appollo, le scénariste de « La grippe coloniale » et Brunö, l’auteur de « Nemo », sont réunis pour une enquête policière d’un nouveau genre. Si l’univers de « Biotope » est a priori plutôt celui de la science-fiction, l’ambiance est finalement très Seventies, des décors de la station aux pantalons patte d’éph’ en passant par nos trois flics blacks tout droit sortis d’une série TV américaine. Le dessin est simple, assez géométrique, mais très efficace. Cet univers particulier s’avère immédiatement accrocheur, ce que la lecture vient d’ailleurs confirmer.

D’abord parce qu’en quelques cases, Appollo arrive à donner une vraie épaisseur à ses personnages: le commissaire Toussaint, un petit gros que l’on soupçonne d’être amoureux d’Eunice Rouget son adjointe qui, de son côté, passe son temps à échanger des vacheries avec le dernier membre du trio, l’inspecteur Langevin.

Un album accrocheur ensuite parce que les auteurs réussissent à recréer précisément l’atmosphère oppressante de la vie sur Biotope. Si loin de la Terre, dans cet endroit entièrement dédié au travail scientifique, le temps paraît interminable et le commissaire Toussaint y fait l’amère expérience de l’ennui et de la solitude. On ne peut que voir les similitudes entre ce Biotope et l’univers clos du sous-marin dans le « Nemo » de Brüno.

Et puis tout à coup, sans crier gare, les événements s’enchaînent sans que ni les héros ni le lecteur ne comprennent ce qui se passe. D’ailleurs, autant le dire tout de suite, le suspense arrive à son comble dans la dernière planche et il faudra attendre le deuxième tome pour espérer une quelconque explication. D’ici là, histoire de prendre notre mal en patience, pourquoi donc ne pas relire les excellents « La grippe coloniale » (Prix de la critique 2004 à Angoulême) et les quatre tomes de « Nemo »?

Dargaud

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