BASIL & VICTORIA - Tome 4. Pearl

Basil et Victoria, les deux petits Londoniens à la Dickens, reviennent dans une nouvelle aventure. Rescapés d’un naufrage, ils se retrouvent coincés sur une île écossaise où seraient caché un trésor. Un nouvel opus plus enfantin que les précédents mais toujours terriblement attachant.

Il y a quinze ans, Edith et Yann signaient le premier album de "Basil & Victoria". Trois autres tomes et quelques rééditions plus tard, le duo relance la série, parodie réussie des romans de Dickens et des récits de voyages de la fin du 19e siècle. Cette fois c’est sur une île inhospitalière au large de l’Ecosse qu’échouent leurs deux jeunes héros partis d’Angleterre en bateau pour rejoindre leur amie Sâti aux Indes. Recueillis par des gamines misérables nourries aux oeufs de macareux, ils découvrent très vite les légendes de l’île et en particulier celle d’un fabuleux trésor qui aurait été caché par une femme pirate.
Si les épisodes précédents mettaient aussi en scène avec humour les aventures de ces attachants gamins, ils s’adressaient en fait à un public plutôt adulte. Certes, dans ce quatrième tome, on retrouve les dialogues châtiés de Yann. On retrouve aussi l’ambiance à la Dickens qui fait le charme de la série : les habitants de l’île écossaise sont coupés de tout et vivent dans des conditions d’hygiène déplorables, quant à la cruauté de l’espèce humaine et l’éternelle cassure entre les riches et le petit peuple, elles restent bien visibles même à plusieurs encablures du Londres sordide de l’époque victorienne.
Mais "Pearl" est sans doute davantage accessible aux enfants. A coups de trésors cachés, d’histoires de piraterie, de chamailleries enfantines et d’une pointe de fantastique, Yann devrait parvenir à rallier ce jeune public. Dix ans après le troisième "Basil & Victoria", le coup de crayon d’Edith - qui travaille actuellement sur une série très orientée jeunesse "Le Trio Bonaventure" dont le 3e tome doit sortir ce mois-ci - a aussi évolué. Le fusain est toujours de mise mais il se fait plus discret. Oubliée l’atmosphère très sombre des premiers albums, la dessinatrice a opté pour des couleurs plus lumineuses, plus chaudes, plus proches en définitive de la bande dessinées pour enfants. Un petit coup de jeune réussi et un nouveau départ pour cette série très attachante.

- Les Humanoïdes Associés