LES VIEUX FOURNEAUX – Tome 3. Celui qui part

Le trio de petits vieux le plus célèbre de la BD est de retour avec toujours la même recette qui cartonne: une galerie de personnages incroyables, des dialogues bien sentis et un troisième âge bien vivant. Un régal.

Il était attendu comme le loup blanc, le troisième épisode des « Vieux fourneaux » – série déjà auréolée du Prix des libraires 2014, du Prix de la BD Fnac Belgique 2015 et du Prix du public du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2015 – est sorti cet automne.

Dans « Les vieux fourneaux », il y a évidemment le trio infernal: Mimile qui a passé sa vie à bourlinguer dans le Pacifique et sur lequel se penchent plus spécialement ici Lupano et Cauuet; l’anarchiste et militant Pierrot qui participe à une action coup de poing contre les entreprises de pesticide pour dénoncer la mort des abeilles; et Antoine, le grand-père de la jeune marionnettiste Sophie. Mais on découvre aussi de nouvelles têtes, toujours pas de première jeunesse: Berthe des Ravines, surnommée « la folle » depuis ce jour de 1955 où elle a déboulé avec son tracteur au milieu de la fête du village et qu’elle a labouré le terrain de rugby juste avant un match important; et un vieil anglophone, tout rapiécé de partout, qui ne cesse de demander vainement un certain « le biouche »… En somme, une incroyable galerie de personnages, ultra attachants!

L’histoire n’avance pas beaucoup, on n’est d’ailleurs plus très sûr de l’intrigue principale (le compte suisse confié à Sophie par le fondateur de l’entreprise Garan-Servier?) mais qu’importe, l’essentiel n’est pas là. Tout au long de pages vivantes au rythme enlevé, c’est encore une succession de répliques aux petits oignons à la Audiard ou la Blier que nous offre Lupano, sur fond de mauvaise humeur des papys et de réflexions socio-politiques autour de la société de consommation. Au passage, on en apprend davantage sur le passé pas toujours irréprochable de nos trois lascars. Difficile également de ne pas succomber au charme du trait semi-réaliste de Cauuet qui donne aux personnages une formidable expressivité.

« Les vieux fourneaux » pètent donc toujours la forme et pas besoin d’être un « vieux con de gaucho préhistorique » pour se régaler et attendre impatiemment le 4e opus.

Dessinateur : Paul Cauuet – Scénariste : Wilfrid Lupano – Editeur : Dargaud – Prix : 11,99 euros.

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