INFINITY 8 – Tome 1. Romance et Macchabées ; et tome 2. Retour vers le Führer

, par Estelle

Un vaisseau intergalactique se retrouve bloqué par un énorme d’amas d’artefacts non identifiés. Deux premiers épisodes d’un space-opera délirant en huit tomes sur le thème des boucles temporelles. Très prometteurs.

"Huit agents, huit missions, huit reboots temporels pour dévoiler la vérité et sauver l’Infinity 8." Tel est le concept de cette nouvelle série imaginée et pilotée par Lewis Trondheim, dont les deux premiers tomes (sur huit, forcément !) viennent de sortir simultanément. Le lecteur est transporté au cœur de l’immense vaisseau intergalactique Infinity 8 qui abrite 880.000 passagers dont pas moins de 257 races et seulement 1.583 humains. Un immense amas d’artefacts macabres (tombes, cercueils, corbillards, cadavres et autres squelettes...) bloquant son avancée, le Capitaine décide d’envoyer un agent de sécurité pour en déterminer l’origine et résoudre le problème. Heureusement, et c’est là que le concept de la série est astucieux, le fameux Capitaine a la possibilité de générer des boucles temporelles permettant d’explorer plusieurs futurs alternatifs. Ainsi, si la mission échoue au bout des huit heures imparties, pas de souci, on remonte dans le temps tout en conservant l’expérience accumulée et on dépêche un autre agent !
On commence donc avec la pulpeuse Yoko Kersen dans "Romance et macchabées" puis la toute aussi sexy Stella Moonkicker dans "Retour vers le Führer". Deux jeunes femmes débordantes d’énergie à l’image de ces deux récits rythmés et pleins d’humour tant dans les situations décrites que dans les dialogues. Si la trame narrative est répétée, Trondheim, Zep et Vatine nous ont concocté deux intrigues très variées, capables de toucher un très large public, du gore morbide (bonjour les aliens-poulpes nécrophages, les asticots et les chairs putréfiées peu ragoûtantes) ou de la parodie grinçante (un parti SS transformé en amicale bon enfant, un robot à tête d’Hitler...). Une diversité qui se retrouve dans le style graphique rétro-futuriste assumé, Dominique Bertail pour le premier épisode, Olivier Vatine pour le deuxième. Des planches plus claires et plus sobres pour le second mais plus détaillées et plus imaginatives en terme d’aliens pour le premier. Olivier Balez, Franck Biancarelli, Boulet, Lorenzo De Felici, Patrice Killofer et Trystram, eux, prendront le crayon dans les six prochains opus.

Dessinateurs : Dominique Bertail (tome 1), Olivier Vatine (tome 2) - Scénaristes : Lewis Trondheim (tomes 1 et 2), Zep (tome 1), Olivier Vatine (tome 2) - Editeur : Rue de Sèvres - Prix : 17 euros.